Les Quatre Accords Toltèques :
- Sand Into the Wild

- 25 mai 2025
- 8 min de lecture
Se libérer de nos fonctionnements hérités pour revenir à soi

On a tous en soi des souvenirs qui nous ont marqués. Je me souviens de ce moment qui n'avait rien de spectaculaire, où enfant, j'étais en train de dire quelque chose avec la spontanéité qu’on a à cet âge-là, quand on ne doute pas encore que ce qu’on ressent est important. Et puis, il y a eu cette phrase, ce ton, ce regard. Je ne sais plus lequel des trois m’a le plus marquée. Ce que je sais, c’est que je me suis tue. Et que quelque chose, ce jour-là, s’est refermé en moi.
On n’a pas besoin d’un cri ou d’une gifle pour apprendre à se taire. Il suffit d’un moment, d'une phrase, d’un "ce n’est pas le moment", d’un "tu exagères". Enfant, on prend tout comme une vérité parce qu'on n'a pas encore le recul, on ne sait pas encore remettre en question ce qui vient de l’adulte. Alors on se modèle, on se conforme à ce qu'on attend de nous, et on oublie un peu de soi pour pouvoir rester aimé.
En grandissant, on ne s’étonne même plus de la voix intérieure qui juge, qui doute, qui rabaisse. Parce qu’on a fini par croire qu’elle nous appartenait et on l’a tellement intégrée qu’on la pense naturelle.
Lorsque j’ai découvert les Accords Toltèques, j’ai réalisé qu’ils venaient éclairer mes façons d’être, de réagir, de me protéger aussi. Ils mettaient de la lumière sur mes mécanismes. Et pour la première fois, j’ai compris que ce que je faisais avait du sens. Que mes réactions étaient logiques, au regard de ce que j’avais vécu. Cela m’a permis de les observer autrement, sans me juger, et de commencer à les ajuster.
Premier Accord Toltèque : Que votre parole soit impeccable
La parole ne concerne pas que ce qu’on dit aux autres. Elle concerne tout type de parole, ce qui veut dire la façon dont on parle à l'autre, mais également la façon dont on se parle à soi.
Je me souviens de ces moments où, enfant, je jouais avec mes poupées. Il m’arrivait de leur parler sèchement, de rejouer des scènes où les mots étaient durs. À cet âge-là, je ne me rendais pas compte que ces phrases ne venaient pas vraiment de moi, qu’elles étaient déjà des échos. Et aujourd’hui, je comprends que cette parole dure, je la renvoyais déjà à moi-même, sans le savoir.
Ce procédé est discret, insidieux, inconscient. Il s’installe doucement, façonne notre image de nous. Et avec le temps, il devient normal de se rabaisser, de douter de soi, de répéter des jugements qui ne sont pas les nôtres.
Alors pour "que votre parole soit impeccable”, faites un petit pas de côté et observez votre façon de communiquer avec vous-même, avec l'autre. Cela signifie être attentif à la façon dont on parle, qui que soit notre interlocuteur : nous même ou les autres.
La façon dont nous nous exprimons peut avoir des conséquences et impacter durablement. Arriver à modifier sa parole peut prendre du temps mais ça peut être réellement bénéfique et apporter une véritable libération. Lorsqu'on devient doux dans les mots, on devient également doux dans notre façon de penser et dans notre façon d'être.
Parler de manière impeccable ne signifie pas parler parfaitement, mais plutôt communiquer en conscience, en choisissant des mots justes.
Deuxième Accord Toltèque : Ne prenez rien personnellement
A la lecture du livre de Don Miguel Ruiz, j'ai réalisé que c'était l'accord que j'avais le moins bien compris. Je croyais que ne rien prendre personnellement parlait uniquement des critiques, des jugements. Je n’avais pas saisi qu’il incluait aussi les compliments, les retours positifs. Que l'idée sous cet accord est le déséquilibre qu'il peut y avoir entre validation extérieure et validation intérieure. Si l'on prend pour soit ce que dit l'autre, qu'il s'agisse d'un compliment ou d'une critique, ça veut dire donner plus de poids au regard de l'autre qu'à notre propre ressenti. C'est donner du crédit à l'autre et ne plus se fier à notre boussole intérieure et notre façon de penser.
Mais lorsque l'autre parle, s'exprime, il le fait avec son propre prisme, depuis sa propre histoire, et au final, ça montre des choses qui le concerne lui, que ce soit son propre monde intérieur, son histoire, ses limites ou de ce qu'il vit ou ressens au moment où il parle. Il exprime ses filtres, ses difficultés du moment, son état d'être.
Je me souviens de cette tenue que je trouvais si jolie, dans laquelle je me sentais bien, rayonnante, en sécurité. Jusqu’à ce que j’entende une critique. J'ai eu envie de me cacher, et j'ai immédiatement douté de moi. Ce jour-là, j’ai laissé une critique devenir plus forte que ma pensée et mes envies. Et sans le savoir, j’ai commencé à douter de mes choix, à chercher une forme de validation avant d’oser me faire confiance.
Ne pas tout prendre personnellement, c’est retrouver une limite claire entre soi et le monde. C’est se rappeler qu’on n’est pas responsable des tempêtes intérieures des autres. Et que parfois, la meilleure chose qu’on puisse faire, c’est ne pas s'approprier ce qui ne nous appartient pas.
Qu'il s'agisse de critiques ou de compliments, cela définit ce que pense l'autre, pas ce que l'on est ni ce que l'on devrait être, parce que si on se construit sur le regard approbateur ou désapprobateur de l’autre, alors on est aussi vulnérable à ses silences ou à ses absences.
Trouver sa propre validation peut prendre du temps, il s'agit de changer ses habitudes, ses fonctionnements ancrés depuis toujours. Et ne rien prendre personnellement en est une clé.

Troisième Accord Toltèque : Ne faites pas de supposition
On grandit souvent en s'appropriant le sens de l'anticipation, pour être prêt, au cas où. On anticipe, on projette, on suppose. Et de la même façon on va l'appliquer dans tous les aspects de notre vie. On suppose, le plus souvent sans même s’en rendre compte. On imagine ce que l’autre pense, ce qu’il va dire, ce qu’il a voulu dire, à partir de nos filtres, de nos blessures, de nos peurs. Et parfois, on passe plus de temps dans notre scénario intérieur que dans la réalité, dans ces tas de suppositions, et on se bloque.
Ce mécanisme de protection qu'on a façonné pour éviter de souffrir a pu être longtemps un support réconfortant sur lequel s'appuyer, un mécanisme inconscient, un automatisme. Au final ça devient des barreaux qui nous contraignent.
Je me souviens de cette amie que je n’osais plus appeler. J’avais commencé à me dire qu’elle m’évitait, qu’elle ne me répondait plus de la même manière, qu’elle s’éloignait parce que j’avais peut-être dit quelque chose qui l'avait blessée. J’ai ruminé cette idée pendant des jours. Jusqu’à ce que je la crois par hasard et me décide à lui parler. Elle m’a dit qu’elle traversait une période difficile, qu’elle se repliait, qu’elle n’arrivait plus à répondre à qui que ce soit, même ceux qu’elle aimait profondément. Ce n’était pas contre moi, ce n'était donc pas personnel... Mais moi, dans mon silence, j’avais supposé mille choses sur elle, sur moi. Surtout sur moi. Et elle, dans son silence, avait pensé que je m’éloignais aussi.
On s’était supposées mutuellement et on s’était éloignées alors qu’on aurait eu besoin, justement, de se retrouver.
Faire des suppositions devient une tendance naturelle, un mécanisme d'anticipation pour nous éviter de revivre les mêmes choses : Envisager tous les possibles dans le but d'éviter ceux qui sont blessants. Sauf que de tous les scénarios possibles, c'est rarement celui qu'on appréhende qui vient. Au final on a cette tendance à s'empêcher de faire, par projection de nos peurs et de nos blessures, par anticipation. On va se priver tout seul et se contraindre dans la réalisation de nos envies, dans l'expression de nos pensées, parce qu'on a appris à se protéger en faisant des suppositions. Il est souvent plus simple de demander, de communiquer, d'exprimer ce que l'on croit, et vérifier auprès de l'autre si ce qu'on ressent et suppose est juste ou non. Communiquer clairement, avec soi, avec l'autre, plutôt que de faire des suppositions, nous permet aussi de nous remettre en mouvement dans la réalisation de soi, de remettre de l'authenticité dans ce que l'on est, dans nos liens aux autres. C'est s'autoriser à nouveau à être soi, pleinement, librement. C'est retrouver le lien entre soi et soi, et en résonance entre soi et l'autre.
Ca peut être compliqué parce que ça veut dire sortir de nos schémas habituels, de notre zone de confort. L'impact est important lorsqu'on se commence à ne plus faire de suppositions : Ca assainit les relations et libère de la place dans nos tête, souvent déjà bien encombrées.
Quatrième Accord Toltèque : Faites toujours de votre mieux
Cet accord là va venir appuyer directement sur l'injonction à la perfection que la plupart d'entre nous a intégré comme étant une vérité. Mais nous ne sommes pas dans un monde parfait, et nous sommes une somme d'imperfections dans un univers toujours en mouvement. De fait, nous avons des jours plus lumineux que d'autres, des jours où on a plus d'énergie que d'autres. La notion de mieux va donc être à ajuster en fonction de l'état dans lequel nous sommes. Parfois, sortir du lit sera notre mieux. Parfois courir un marathon sera notre mieux. Faire de son mieux, ce n’est pas être constant, ni irréprochable. C’est accepter qu’on fait ce qu’on peut, avec ce qu’on a, là où on en est. C’est parfois ralentir, parfois renoncer, parfois juste respirer.
Ce n’est pas toujours simple. Parce qu’on a appris qu’il fallait mériter, qu’il fallait faire plus, qu’il fallait prouver. On nous a appris à réussir, à cocher des cases, à faire plaisir. Faire de son mieux, ce n’est pas faire ce que l’on attend de nous. C’est faire ce que l’on peut, avec honnêteté.
Je me souviens de ces journées où j’ai eu l’impression de ne pas avancer, de ne rien produire, de ne pas être à la hauteur. Et pourtant, dans ces journées-là, j’ai tenu. J’ai respiré. J’ai gardé le cap. Et parfois, c’est déjà immense.
Ce quatrième accord est aussi une forme de douceur envers soi, un véritable rappel à la bienveillance, parce qu’on ne pourra pas, chaque jour, être impeccable dans notre parole, détaché des projections de l’autre, ou libre de toute supposition. Certains jours, on oubliera et on retombera dans nos anciens schémas. On dira un mot de travers, on prendra pour soi une remarque, on supposera mille choses.
Et ce n’est pas grave. Ce quatrième accord nous rappelle que ce n’est pas la perfection qui est demandée, mais composer avec ce qu'on est dans cet instant. C'est accueillir nos imperfections et composer en fonction des jours. C'est revenir à soi, encore et encore, avec souplesse, douceur, et amour.

Ces accords ne sont pas des règles à suivre, encore moins des cases à cocher. Plutôt des messages pour apprendre à se réécouter, à se repositionner, à se réparer parfois, des accords à conclure entre nous et nous.
Ils ne sont pas des injonctions à la perfection, bien au contraire, ils nous invitent simplement à revenir à nous. À observer avec un peu plus de recul ce qui se joue, à faire un peu de place entre ce que l’on croit et ce que l’on est.
Et si un jour on oublie tout, ce n’est pas grave. Parce que la vie est toujours en mouvement, tout comme nous. Et si aujourd'hui notre mieux n'est pas au mieux, demain sera un autre jour, où on pourra faire et être autrement.
Les quatre accords toltèques viennent nous rappeler qu’on a le droit d’être humain, d’être sensible, d’être en évolution.
Parfois, c’est en relisant une phrase, en repensant à un mot, en se rappelant une scène d’enfance, qu’un espace s’ouvre. Un espace où la parole devient plus douce, la présence plus ancrée, et la relation à soi plus honnête.
Et si vous souhaitez transmettre ces accords autour de vous avec simplicité et poésie, je vous invite à découvrir cette vidéo que j’ai partagée mille fois avec mes enfants : Comment devenir un chevalier des temps modernes ?.
Elle rappelle, à sa manière, que la façon dont on parle peut tout changer. En soi. Et autour de soi.




Commentaires