La maîtrise de l'amour de Don Miguel Ruiz, ou un retour authentique à l'amour inconditionnel
- Sand Into the Wild

- 20 juil. 2025
- 6 min de lecture
J'ai réalisé au fil des ans et de mes histoires amoureuses et relationnelles à quel point ce que je connaissais de l'amour était faux. Construit dans mon enfance par mes interactions familiales, sociales, j'ai appris de beaucoup, et surtout de mes parents qui l'avaient appris des leurs, que l'amour est conditionné. Les injonctions, les attentes telles que ne pas faire de bruit, écouter, ne pas pleurer, donne l'impression que si on ne les respecte pas on n'est pas aimable. Que pour être aimé il faut les respecter, même si au fond on n'est pas du tout d'accord avec l'idée de se taire, et que parfois on a du mal à retenir nos larmes. Au fil du temps ces fonctionnements deviennent les nôtres et on en oublie même ce qui depuis notre naissance était naturel. J'ai vécu une histoire où j'ai projeté mes propres blessures et peurs avec quelqu'un qui projetait sur moi ses propres blessures et peurs. Et toute ma loyauté à ces constructions ont mis du temps à vraiment me faire sentir que je ne pouvais plus. Par peur d'être seule, par cette vision de l'échec je suis restée.

Mais cette longue relation a été douloureuse, et j'ai fini par partir. J'ai éprouvé de grandes difficultés par la suite à faire confiance, à me faire confiance, et à ne serait ce qu'envisager ce qu'était une relation saine et sécurisante. Je ne réalisais même pas que mes constructions m'avaient amenée à vivre des relations douloureuses et insécurisantes. Je savais juste au fond de moi que cette relation en particulier ne pouvait plus durer. L'inné chez moi s'exprimait, mais restait finalement assez flou. Après une énième réflexion de sa part et après plus d'un an et demi à peser le pour et le contre j'ai finalement pris mon envol, malgré les conséquences pour mes enfants. En fin de compte ils étaient soulagés de ma décision, même si la suite a été compliquée pour eux, mais ça, c'est leur chemin, j'en parlerai peut être dans d'autres partages de vie. Les relations suivantes m'ont un peu ouvert les yeux sur ma valeur, en tout cas sur le fait que ce qu'on m'avait transmis n'était pas forcément juste. Je pouvais être considérée et estimée, et surtout je pouvais l'être par moi-même. C'est à dire que j'ai réalisé que ce que je niais et taisais de moi était légitime et avait le droit d'être exprimé. J'étais légitime. J'ai appris à m'aimer, à me considérer, me respecter. J'ai rempli mon propre récipient de mon amour personnel, et plus j'ai appris à le remplir, moins les autres avaient d'impact sur moi. J'ai avancé dans la guérison de mes blessures et j'ai arrêté d'avoir peur.
J'ai lu récemment le livre La maîtrise de l'amour de Don Miguel Ruiz, qui au fil de cette lecture, m'a confortée sur mon cheminement personnel, sur le travail réalisé, et comment j'étais sur la voie et la voix de l'amour inconditionnel.
Au fil des pages de ce livre, j'ai trouvé cette métaphore simple et tellement juste qui illustrait mon cheminement personnel : celle de notre corps comme une « cuisine magique », et de notre cœur comme un four où l'amour se cuisine en permanence. J'y ai vu une image parfaite de ce que j'avais déjà traversé. J'avais appris que toutes ces blessures que je portais, ces peurs, ces attentes conditionnées, étaient comme une cuisine vide ou remplie de mauvais ingrédients. Quand ma propre cuisine manquait d'amour pour moi-même, je cherchais désespérément cette nourriture à l'extérieur. Dans cet état, l'amour était conditionné, et j'étais tributaire du bon vouloir des uns et des autres. Je me souviens d'avoir tenté de mendier l'amour des autres, ou de me priver moi-même pour essayer de les nourrir, dans l'espoir, toujours déçu, d'en recevoir un peu en retour. Je me suis retrouvée enfermée dans un cercle de souffrance. Ce livre est venu confirmer à quel point il est essentiel de remplir sa propre cuisine d'amour, de l'alimenter, de la faire déborder. Quand mon récipient a été plein, ma cuisine a débordé, et c'est seulement à ce moment-là que j'ai pu être cette source d'amour pour moi-même, et par extension, pour les autres, sans peur et sans condition, et sans que ce soit au détriment de ma propre valeur. C'est cette capacité de Don Miguel Ruiz à nous offrir des images si simples et parlantes qui rend son propos si percutant, comme si ces métaphores venaient éclairer d'un coup la complexité de nos fonctionnements internes.

Il indique, et je peux le confirmer par mon vécu, que pour changer notre réalité, pour transformer nos relations, il faut avoir le courage de retourner et de creuser ces blessures profondes, celles qui nous ont fait croire que nous n'étions pas aimables, pas légitimes. Aller les visiter, les comprendre, c'est le seul moyen de les guérir, se déconditionner, s'en libérer. Ça peut donner l'impression d'être sur la brèche, en mode funambule à deux doigts de tomber dans le vide. C'est un travail qui demande de la bienveillance envers soi-même, de la patience, et parfois un accompagnement, mais le gain en est immense. Se déconditionner de ces vieilles peurs, de ces attentes limitantes, c'est s'offrir la possibilité de vivre des relations d'une tout autre qualité, basées sur la liberté, la joie et un amour qui, cette fois, est véritablement inconditionnel. C'est retrouver cet état naturel que nous avions oublié, celui d'être amour. Et c'est un cadeau que l'on se fait avant tout à soi-même.
Ce chemin a été intense, oui, mais la transformation est profonde et continue de s'ancrer en moi chaque jour. J'ai gagné en qualité relationnelle, en une énergie que je sens enfin fluide et disponible, et en une sérénité rassurante que je n'imaginais pas possible. J'ai expérimenté, au plus profond de mon être, à quel point lutter contre moi-même, projeter mes manques sur les autres, m'accrocher à la souffrance et aux vieux schémas, demande une dépense d'énergie folle, une tension permanente qui vide et éteint. Aujourd'hui, être dans le vrai, le juste, l'assumé, l'inconditionnel, me remplit d'une force tranquille, d'une vitalité qui ne tarit pas. Ça a complètement redessiné mes choix de vie, la nature de mes interactions, et surtout, ma relation avec moi-même – oui, moi m'aime aujourd'hui, profondément et humblement, ce qui est un cadeau inestimable. J'assume pleinement qui je suis, avec mes forces et mes fragilités. Cette acceptation inconditionnelle fait que je ne me pose plus mille questions sur la nécessité de plaire ou non, sur si je plais ou non. Mon regard sur les autres s'est apaisé, et le leur sur moi a évolué. Les relations s'ajustent naturellement à ma nouvelle vibration : ceux qui sont dans la vérité et la bienveillance vibrent avec moi dans des échanges authentiques et nourrissants ; les autres, qui ne résonnent plus avec mes valeurs, s'éloignent simplement, sans que ça n'affecte ma valeur personnelle. Cette libération est immense et m'apporte la liberté d'être moi, simplement, sans calcul. Ma tranquillité d'esprit est devenue un socle solide, une force même face aux défis de la vie. Je ne suis plus en réaction automatique, submergée par la peur ou les impulsions du passé. Chaque situation, chaque épreuve, est désormais abordée avec une écoute profonde de mes ressentis, une réflexion calme et posée, et une action juste et pleinement confiante. Lorsque je me suis libérée de mes projections, il n'y a plus eu de voile entre moi et la réalité : Maintenant, je vis pleinement l'instant présent, dans toute sa richesse, sans être parasitée par les fantômes du passé ou les angoisses du futur. Cette présence totale est une source de joie et de clarté immense. C'est un véritable cercle vertueux qui s'est mis en place. Comprendre et accepter que je n'ai pas prise sur ce qui ne m'appartient pas, sur les chemins des autres ou les événements extérieurs que je ne peux contrôler, a libéré une énergie incroyable. Cette énergie, je la concentre désormais sur ce sur quoi j'ai une prise réelle, sur mon intérieur, mes choix, mes réactions. Ce chemin m'a ainsi permis d'aller explorer et déraciner d'autres croyances limitantes qui entravaient, par exemple, mon rapport à l'argent, à la richesse, ou à mon plein potentiel financier. Tout est lié, et chaque pas vers l'authenticité ouvre de nouvelles portes vers une vie plus alignée et abondante. Et si au début le cheminement a été douloureux, il se fait maintenant de manière plus fluide, plus juste, plus tranquille.
Et le plus beau, c'est de voir cet impact sur mes enfants. En me déconditionnant, je leur offre, juste en étant moi, en me priorisant, la possibilité de se déconditionner eux aussi de ce que j'ai pu leur transmettre inconsciemment. C'est un héritage de liberté que je leur construis, et c'est précisément ce que je souhaite aujourd'hui transmettre et accompagner à travers mes partages.

Si mon parcours résonne en vous, je vous invite, vous aussi, à enclencher ce processus en douceur. Commencez par des petits pas vers vous même : écouter à l'intérieur de vous, observer vos réactions automatiques, sans jugement. Osez explorer ce qui se cache derrière vos peurs, vos attentes. Le simple fait de prendre conscience d'un ancien conditionnement est déjà une immense victoire. Et vous verrez, les premiers bénéfices ne se feront pas attendre : une certaine légèreté, une clarté et une vision différentes, une sensation de liberté naissante. Il suffit d'un premier pas, d'une intention de revenir à soi coûte que coûte, pour que la cuisine magique de votre cœur commence à rayonner différemment.




Commentaires